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RDC-Chine : Pékin veut élargir les échanges au-delà du secteur minier

RDC-Chine : Pékin veut élargir les échanges au-delà du secteur minier

Les échanges commerciaux entre la République Démocratique du Congo et la Chine ont dépassé 19,2 milliards de dollars américains au cours des sept premiers mois de 2026. L’annonce a été faite mercredi à Kinshasa par l’ambassadeur chinois en RDC, Zhao Bin, qui a également fait état d’un excédent commercial congolais estimé à près de 10,6 milliards USD sur la même période.

Ces données ont été présentées lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion du 77e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Pour Pékin, cette évolution témoigne du renforcement des relations économiques avec Kinshasa, mais ouvre surtout la voie à une coopération qui ne serait plus concentrée essentiellement sur le secteur minier.

La Chine souhaite notamment renforcer les échanges avec la RDC dans l’agriculture, la transformation locale des minerais, les infrastructures, la santé, la formation professionnelle, les énergies propres, les technologies de l’information ainsi que l’éducation intelligente.

Dans cette perspective, Pékin encourage également Kinshasa à accroître ses exportations vers le marché chinois. L’ambassadeur Zhao Bin a notamment évoqué la suppression des droits de douane appliquée depuis le 1er mai 2026 à 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec la Chine.

Cette mesure commence, selon lui, à produire des effets sur les échanges entre la Chine et le continent africain. « Deux mois après, la valeur des importations chinoises en provenance d’Afrique a atteint 193,8 milliards de yuans, soit une hausse de 23,5 % sur un an. La Chine continue d’améliorer le « canal vert » destiné aux produits agricoles et alimentaires africains entrant sur le marché chinois, permettant ainsi un accès global au marché pour les piments séchés, les noix de cajou, les grains de café et les produits aquatiques sauvages d’origine africaine », a-t-il déclaré.

Pour la RDC, cette ouverture représente une opportunité de diversifier ses exportations, encore largement dominées par les produits issus de l’exploitation minière. La transformation locale des minerais figure ainsi parmi les priorités annoncées pour la prochaine étape du partenariat entre Kinshasa et Pékin.

La partie chinoise met par ailleurs en avant la contribution de ses entreprises à l’économie congolaise. D’après les chiffres présentés par Zhao Bin, celles-ci auraient créé plus de 120 000 emplois directs en RDC en 2025 et versé plus de 4 milliards USD d’impôts.

Dans le secteur minier, les entreprises chinoises auraient également consacré plus de 1,77 milliard USD aux infrastructures et près de 100 millions USD à des projets destinés aux communautés locales. Le taux de recrutement de personnel local et celui de l’approvisionnement agricole local auraient, pour leur part, atteint 90 %.

Pékin entend désormais inscrire cette coopération dans les priorités de son nouveau cycle quinquennal. L’objectif affiché est de renforcer les secteurs productifs, mais aussi de développer davantage les échanges de biens et de services entre les deux pays.

Avec plus de 19 milliards USD d’échanges en sept mois, la relation économique RDC-Chine franchit donc une nouvelle étape. Pour Pékin, le défi est désormais de convertir cette dynamique commerciale en un partenariat plus diversifié, donnant davantage de place à l’agriculture, aux infrastructures, à la transformation industrielle et aux nouvelles technologies.

Jonas TSHIPADI