RDC-USA : les investissements américains se concrétisent dans les minerais critiques
La coopération économique entre la République Démocratique du Congo et les États-Unis prend une nouvelle dimension dans le secteur minier. Plusieurs entreprises américaines sont désormais engagées dans des projets liés aux minerais critiques, notamment dans l’exploration, le cuivre, le cobalt et le lithium.
Cette dynamique intervient alors que Kinshasa cherche à attirer davantage de capitaux étrangers pour développer son potentiel minier et favoriser la transformation locale des ressources. La RDC dispose notamment d’importantes réserves de cuivre, de cobalt, de lithium et d’autres minerais considérés comme stratégiques pour l’économie mondiale.
Le rapprochement entre les deux pays s’appuie notamment sur l’accord de partenariat stratégique sur les minerais signé le 4 décembre 2025. Ce cadre vise à renforcer la coopération économique et à favoriser la mise en place de chaînes de valeur autour des minerais stratégiques congolais.
Dans cette dynamique, l’Agence de Pilotage, de Coordination et de Suivi des Conventions de Collaboration (APCSC) joue un rôle d’interface entre les autorités congolaises et les investisseurs privés. Elle intervient notamment dans l’accompagnement, la structuration et le suivi de certains projets considérés comme stratégiques.
L’arrivée de certains investisseurs américains dans le secteur minier congolais ne date toutefois pas de la signature de l’accord stratégique. En septembre 2024, le directeur général de l’APCSC, Maître Freddy Yodi Shembo, avait organisé à New York un déjeuner d’affaires avec plusieurs opérateurs économiques américains.
La rencontre, tenue le 25 septembre 2024, avait permis de présenter les missions de l’APCSC, son rôle auprès des investisseurs ainsi que les mécanismes liés aux conventions de collaboration en RDC.
Parmi les participants figuraient notamment le Chairman de Kobold Metals DRC et Virtus Mineral. Les échanges engagés à cette occasion ont ensuite été suivis par une présence effective de ces entreprises dans le secteur minier congolais.
Après la signature du partenariat stratégique entre Kinshasa et Washington, l’APCSC a poursuivi ses initiatives auprès des investisseurs et de la diaspora congolaise aux États-Unis, notamment à travers des rencontres consacrées aux opportunités d’investissement en RDC.
À Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, Kobold Metals DRC mène notamment un programme d’exploration minière. L’entreprise américaine s’intéresse particulièrement à l’exploration, à la digitalisation des données géologiques ainsi qu’au développement des ressources en lithium de Manono, dans la province du Tanganyika.
L’objectif est notamment de renforcer la connaissance du potentiel minier congolais et de préparer les conditions nécessaires au développement de projets liés aux minerais critiques. L’entreprise met également en avant la poursuite de ses activités en RDC, avec une approche présentée comme fondée sur la transparence et le respect du cadre applicable aux investissements.
Autre acteur américain engagé dans le secteur : Virtus Mineral. En mars 2026, l’entreprise a finalisé le rachat des mines de cuivre et de cobalt de Chemaf, une opération qui ouvre une nouvelle phase dans le développement de ces actifs. Pour relancer les opérations et contribuer au financement des infrastructures de traitement, Virtus Mineral s’est associé au groupe indien Llyord Lithium Metals Energy.
À Lubumbashi, Jean-Siméon Silele, directeur pays et Country Manager de Virtus Chemaf Mineral, affiche sa confiance dans la poursuite du développement des activités. L’entreprise entend notamment développer ses actifs, renforcer la production et la transformation locale, poursuivre l’exploration et contribuer à la création d’emplois et au développement des compétences congolaises.
Le développement du secteur minier reste également lié à la question des infrastructures de transport. Le 26 août 2026, à Kinshasa, le Gouvernement congolais et la société portugaise Mota-Engil Africa ont signé un contrat de concession ainsi qu’une convention de collaboration, avec l’accompagnement de l’APCSC.
Le projet porte sur le financement, la réhabilitation, la modernisation et l’exploitation de la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania, dans le cadre du corridor de Lobito. Cette infrastructure doit notamment faciliter l’évacuation des minerais de la région vers le port de Lobito, en Angola, tout en améliorant la connectivité régionale.
Pour l’APCSC, cette dynamique s’inscrit dans une approche plus large visant à rapprocher les investisseurs internationaux des opportunités offertes par la RDC. Son intervention porte notamment sur la facilitation du dialogue institutionnel, la structuration des projets et le suivi des conventions conclues entre l’État et les partenaires privés.
Au-delà des annonces, plusieurs projets sont donc déjà engagés sur le terrain. Leur évolution devra permettre de mesurer leur impact concret sur la production minière, la transformation locale, les infrastructures, l’emploi et le développement des compétences en RDC.
La coopération RDC-USA autour des minerais critiques entre ainsi dans une phase plus opérationnelle, avec des investissements qui touchent à la fois l’exploration, l’exploitation, la transformation et les infrastructures nécessaires à l’acheminement des ressources.
Jonas TSHIPADI



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