×

Dialogue national inclusif : pour quelle finalité pour le peuple congolais ?

Dialogue national inclusif : pour quelle finalité pour le peuple congolais ?

Depuis l’annonce par le président Félix-Tshisekedi de la convocation d’un dialogue national, plusieurs réactions se font entendre au sein de la classe politique congolaise, du monde scientifique et de la société civile.

Cette initiative est diversement appréciée par les acteurs politiques de l’opposition, notamment ceux regroupés au sein du C64 en RDC. Ces derniers ont déjà rejeté cette démarche et exprimé leur refus, dénonçant notamment un manque de sincérité, de transparence, de consensus et d’inclusivité de l’ensemble des principaux acteurs impliqués dans la crise multiforme que traverse le pays.

C’est notamment la position défendue par Blaise Kangela Ngumbi, acteur politique et haut cadre du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi dans la province du Maniema.

Pour lui, « le contexte politique actuel exige un dialogue sincère, véridique et réellement inclusif pour juguler non seulement la crise de légitimité dans le pays, mais aussi la crise de l’État, des institutions et même la crise identitaire, qui sont à la base de l’instabilité et de la guerre dans le pays ».

Il estime que « le format actuel du dialogue voulu par le président Tshisekedi est une balle d’essai comparable aux consultations populaires partisanes de 1989, avant la tenue de la Conférence nationale souveraine sous Mobutu ».

Blaise Kangela Ngumbi considère, en outre, qu’il pourrait y avoir « un dialogue 1 » destiné aux partisans et alliés de Félix-Antoine Tshisekedi, notamment pour élargir l’Union sacrée de la nation, puis « un dialogue 2 » qui serait réellement inclusif, avec la participation de tous les acteurs incontournables de la crise, y compris ceux qui, selon lui, sont aujourd’hui considérés comme inaudibles par le régime Tshisekedi.

Cet acteur politique et enseignant-chercheur en sciences politiques préconise également aux acteurs politiques congolais de privilégier les questions économiques, plutôt que de se focaliser exclusivement sur les enjeux politiques.

Dans cette perspective, il propose notamment la réduction des dépenses liées aux rémunérations et avantages des membres de la Présidence de la République, des députés, des sénateurs et des mandataires publics, ainsi que l’amélioration de la politique monétaire et des conditions salariales des agents et fonctionnaires de l’État.

Il plaide également pour la création de zones économiques franches, l’implantation d’entreprises minières spécialisées dans l’exploitation et la transformation locale des produits, la création de pôles économiques de développement, l’industrialisation de différents secteurs de l’économie ainsi que la modernisation de la pêche dans les lacs congolais.

Selon lui, ces différentes mesures permettraient de créer un meilleur équilibre entre les infrastructures et la superstructure, et contribueraient ainsi à stimuler la croissance économique de la République démocratique du Congo.

Leo Bokele

Congonet24 est un site d’information qui publie des actualités nationales et internationales, des articles, des analyses et d’autres contenus destinés à informer le public.

Pour vous