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Agriculture en RDC : la qualité et le financement, deux obstacles à l’exportation vers l’Union européenne

Agriculture en RDC : la qualité et le financement, deux obstacles à l’exportation vers l’Union européenne

À Kinshasa, les acteurs du secteur agricole congolais appellent à améliorer la qualité des produits, l’accès au financement et les capacités de transformation pour permettre à la République Démocratique du Congo de mieux profiter des opportunités offertes par les marchés internationaux, notamment celui de l’Union européenne.

Produire davantage ne suffit pas pour accéder aux marchés étrangers. Les agriculteurs et entrepreneurs agricoles congolais doivent également répondre à des exigences en matière de qualité, de certification et de conformité. C’est l’un des principaux constats de la table ronde consacrée à la « Sécurité alimentaire et exportation vers l’Union européenne », organisée le 29 août 2026 à Kinshasa.

La rencontre a réuni des producteurs, entrepreneurs, universitaires, représentants d’institutions publiques et autres acteurs de la chaîne agricole. Les échanges ont notamment porté sur les difficultés qui freinent le développement du secteur : financement, accès aux équipements et aux matières premières, formation, disponibilité des terres, transformation et respect des normes.

Pour Prisca Landy, entrepreneure dans le secteur de la transformation agro-économique, la rencontre a permis aux différents acteurs de mieux comprendre les contraintes auxquelles sont confrontés les entrepreneurs. « Aujourd’hui, dans cette table ronde, j’ai beaucoup bénéficié des connaissances des différents acteurs présents », a-t-elle déclaré.

Le financement, un frein majeur

Au-delà des questions liées à la production, l’accès au financement reste l’une des principales préoccupations exprimées par les participants.

Josselin UMBA KIYOLA, qui a vécu en Europe avant de revenir en République Démocratique du Congo, estime que le développement de l’agriculture passe par une meilleure coordination entre les producteurs, les institutions publiques, les universitaires et les entrepreneurs.

Avec des collaborateurs et des étudiants de l’Université pédagogique nationale (UPN), elle dit avoir contribué à la création du RMAP, une initiative qui entend notamment créer des passerelles entre les différents acteurs du secteur agricole.

« Nous avons organisé cette table ronde autour de l’agriculture avec des décisionnaires importants, l’ANAPEX, l’OCC, la FEC, des professeurs et d’autres intervenants pour pouvoir justement trouver des solutions pour aider la jeunesse agricole de demain », a-t-il expliqué.

Selon lui, les difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs sont multiples. « La plupart des difficultés que nous rencontrons en tant qu’agriculteurs, c’est premièrement le financement (…) C’est la formation parce que nous ne sommes pas formés. C’est la thématique aussi au niveau des terrains et au niveau du matériel », a-t-il ajouté.

Des exigences à respecter pour exporter

L’accès aux marchés internationaux dépend également de la capacité des producteurs à respecter les normes de qualité.

Jean-Claude Ekongolo, directeur à l’Office congolais de contrôle (OCC), a rappelé que l’institution dispose de plusieurs services chargés notamment de la normalisation, de la certification, du contrôle de la production locale, du contrôle à l’exportation et des analyses en laboratoire. « Pour exporter votre produit, il doit répondre aux normes minimum de qualité », a-t-il expliqué.

Selon lui, les produits destinés à l’exportation doivent notamment être soumis à des analyses afin de vérifier leur conformité aux normes requises. « Si ces analyses sont conformes aux normes requises de qualité, à ce moment-là, votre produit est compétitif et peut être exporté sans problème », a-t-il précisé.

Ces exigences constituent un enjeu important pour les producteurs congolais qui souhaitent se positionner sur les marchés internationaux. Elles impliquent notamment de renforcer les capacités de production, de transformation et de contrôle de la qualité.

Miser sur la jeunesse

La participation des étudiants et des universitaires a également été mise en avant au cours de la rencontre.

Jean-Claude Ekongoloa salué l’implication des étudiants de l’UPN dans l’organisation de la table ronde et dans les discussions consacrées à l’avenir du secteur agricole. « D’abord, je félicite les organisateurs, les étudiants de l’UPN. Je crois que c’est une très bonne initiative que j’apprécie », a-t-il déclaré.

Pour les organisateurs, cette implication traduit la volonté d’une partie de la jeunesse congolaise de participer davantage au développement de l’agriculture.

Mais pour transformer ce potentiel en résultats concrets, plusieurs défis restent à relever : faciliter l’accès au financement, renforcer la formation, améliorer l’accès aux équipements et aux terres, développer la transformation locale et accompagner les producteurs dans le respect des normes nécessaires à l’exportation.

La table ronde aura ainsi permis de mettre autour de la même table plusieurs maillons de la chaîne agricole congolaise. Reste désormais à transformer ces échanges en mesures concrètes capables d’améliorer la productivité et la compétitivité des produits « made in RDC », aussi bien sur le marché national qu’à l’international.

André NDAMBI

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